Se lancer en freelance

Tout ce qu'il faut faire, dans le bon ordre, pour démarrer ton activité en toute légalité.

🗓️ Mis à jour le 11 juin 2026 Partager
ℹ️ Ce guide couvre les statuts les plus courants pour un freelance en France. Pour une situation complexe (associé, salarié + freelance), consulte un expert-comptable.

1. Choisir son statut juridique

C'est la première décision, et elle a des conséquences sur tes charges, ta protection sociale et ton comptabilité. Voici les 4 options principales :

Le plus simple

Micro-entreprise

Création gratuite en ligne, comptabilité ultra-simplifiée, charges calculées sur le CA. Idéal pour démarrer.

  • BNC (services) : plafond 77 700 €/an
  • Charges : 25,6 % du CA (BNC)
  • Pas de déduction de frais réels
Profil confirmé

SASU / EI (régime réel)

Déduction des frais réels, protection du patrimoine personnel (SASU), optimisation fiscale possible.

  • Comptabilité obligatoire
  • Expert-comptable recommandé
  • Charges variables selon rémunération
Si tu veux zero stress

Portage salarial

Tu travailles en freelance mais restes salarié : zéro admin, protection sociale complète (chômage, retraite, arrêt maladie). La société de portage gère tout à ta place.

  • Idéal si tu sors d'un CDI (droits chômage conservés)
  • Frais de gestion 5–10 % du CA
  • Net réduit (~49 % du CA) mais sérénité maximale
  • TJM minimum recommandé : 400 €/jour
Comparer les sociétés de portage

Quelle option choisir ?

  • Tu es carré, bien conseillé, et veux maximiser ton net : micro-entreprise ou SASU
  • Tu veux tester sans te prendre la tête, ou tu sors d'un CDI : portage salarial — moins rentable sur le papier, nettement moins stressant dans les faits
Utiliser le questionnaire pour choisir mon statut

2. Créer son entreprise

1

Rends-toi sur autoentrepreneur.urssaf.fr

La création d'une micro-entreprise est 100% en ligne, gratuite, et prend moins de 15 minutes. Tu reçois ton numéro SIRET sous 1 à 4 semaines.

💡 Alternative : Indy te guide aussi dans la création et prend en charge ta comptabilité dès le départ — tout-en-un.

2

Choisir ton code APE / NAF

APE : Activité Principale Exercée — NAF : Nomenclature des Activités Françaises. Il est attribué automatiquement selon ton activité déclarée. Pour du conseil / développement informatique : 6201Z, 6202A ou 7022Z selon le cas.

3

Optionnel : adhérer à une AGA ou CGA

L'Association de Gestion Agréée (AGA) donne droit à une réduction d'impôt sur tes frais de comptabilité (plafonnée à 915 €/an). La majoration de 25% qui existait avant a été supprimée depuis les revenus 2023. Ne concerne pas les micro-entrepreneurs — uniquement les EI au régime réel, EURL et SASU.

4

Déclarer à la TVA si nécessaire

En micro-entreprise, tu bénéficies de la franchise en base de TVA tant que ton CA reste sous les plafonds (37 500 €/an pour les prestations de services). Concrètement : tu ne factures pas la TVA à tes clients et tu n'en récupères pas non plus sur tes achats.

Si tu dépasses ce seuil, tu bascules sur la TVA réelle : tu dois ajouter 20 % de TVA sur tes factures, déclarer ce montant à l'impôts.gouv.fr à intervalles réguliers (mensuel ou trimestriel), et le reverser à l'État — déduction faite de la TVA que toi-même tu as payée sur tes achats pro.

💡 Si tous tes clients sont des entreprises assujetties à la TVA, dépasser le seuil a peu d'impact : ils récupèrent la TVA que tu leur factures. C'est surtout contraignant si tu travailles avec des particuliers.

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3. Ouvrir un compte bancaire pro

En micro-entreprise, tu n'es pas légalement obligé d'avoir un compte dédié si ton CA est inférieur à 10 000 € pendant 2 ans consécutifs. Dans la pratique, c'est fortement conseillé — voici pourquoi :

  • Savoir exactement où tu en es. Quand tout transite par le même compte, impossible de savoir ce qui appartient à ton activité et ce qui est personnel. Un compte dédié te donne une vision nette de ta trésorerie pro en temps réel.
  • Garder une réserve de sécurité. En freelance, les rentrées sont irrégulières. L'habitude à prendre : laisser toujours un matelas sur ton compte pro pour absorber un mois creux, un imprévu, ou un client qui paie en retard — sans jamais être à découvert.
  • Ne jamais piocher dans ton compte personnel. C'est une mauvaise habitude qui brouille ta comptabilité, complique ta déclaration de revenus, et surtout te fait perdre le sens réel de ce que rapporte ton activité. Le virement vers toi-même doit être un acte conscient, pas un réflexe de dépannage.
  • Faciliter ta gestion comptable. Toutes tes recettes et dépenses pro au même endroit = relevé propre, déclaration URSSAF plus simple, et moins de stress en cas de contrôle.

Les néobanques comme Shine ou Qonto sont particulièrement adaptées aux freelances : ouverture rapide, pas de frais cachés, outils de facturation intégrés.

Voir le comparatif des banques pros

4. Calculer ton TJM

Avant de signer ta première mission, définis ton Taux Journalier Moyen. Un TJM mal calibré peut te mettre en difficulté : trop bas et tu ne couvres pas tes charges, trop haut et tu perds des contrats.

La formule de base en micro-BNC :

TJM = (Revenu net mensuel × 12) / (0,78 × jours facturables/an)
🧮 Calculer mon TJM

5. Établir tes premiers documents

Avant ta première mission, prépare :

Guide complet facturation 📄 Tous les modèles types

6. Déclarer et payer tes cotisations

En micro-entreprise, tu déclares ton CA (et non ton bénéfice) chaque mois ou chaque trimestre sur autoentrepreneur.urssaf.fr. Même si tu n'as rien encaissé, tu dois déclarer 0.

Les cotisations sont prélevées automatiquement lors de la déclaration. Pas de CA = pas de cotisation.

💰
ACRE : tu peux peut-être diviser tes cotisations par deux la 1ère année

L'ACRE (Aide à la Création ou à la Reprise d'une Entreprise) réduit tes cotisations sociales de 50% pendant les 12 premiers mois d'activité. Elle est réservée à certains profils : demandeur d'emploi indemnisé (ARE — Aide au Retour à l'Emploi), bénéficiaire du RSA ou de l'ASS (Allocation de Solidarité Spécifique), moins de 26 ans, ou personne créant dans une zone prioritaire (QPV).

Si tu es éligible, tu dois en faire la demande dans les 60 jours suivant le début de ton activité (règle en vigueur depuis janvier 2026), directement sur autoentrepreneur.urssaf.fr → Demander l'ACRE

⚠️ Si tu es salarié qui crée en parallèle sans être indemnisé par Pôle Emploi, tu n'es probablement pas éligible — vérifie ta situation avant de faire la demande.

📋 Déclarer tes impôts en freelance : le guide pas à pas →

7. Prévoir sa protection sociale

En tant que freelance, tu ne bénéficies pas de la mutuelle d'entreprise. Deux compléments sont essentiels :

  • Mutuelle santé — couvre le reste à charge de tes frais médicaux. Déductible fiscalement si tu es en SASU (loi Madelin). Compte 40 à 120 €/mois selon le niveau de garantie.
  • Prévoyance — couvre l'arrêt de travail, l'invalidité, le décès. Cruciale si tu n'as pas d'épargne de précaution conséquente.
💡 La loi Madelin permet aux indépendants en SASU ou EI au réel de déduire leurs cotisations mutuelle et prévoyance de leur revenu imposable — un avantage fiscal non négligeable.
Comparer les mutuelles freelance
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